La Semaine Sainte, également appelée la Grande Semaine, est une période sacrée du christianisme qui va du dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques, étant la plus importante de la chrétienté.De même, la Semaine Sainte est la vérité mise à jour à travers les activités liturgiques de l’Église catholique, au cours desquelles la passion, la mort et la résurrection du Christ sont commémorées.Cette période de commémoration chrétienne se déroule selon le cycle lunaire, la première pleine lune du printemps, c’est-à-dire à l’expiration de la période de pleine lune. C’est la dernière semaine de Carême et la semaine précédant le dimanche de Pâques.
Qu’est-ce que la Semaine Sainte ?
La Semaine Sainte, surnommée aussi Semana Mayor, ouvre un chapitre fort de la mémoire chrétienne. On y ranime, année après année, les scènes fondatrices : l’entrée de Jésus à Jérusalem, le dernier repas partagé, le chemin de croix, la crucifixion puis, en point d’orgue, la résurrection du Christ. Le calendrier place ce moment entre le dimanche des Rameaux et celui de Pâques, mais localement le rituel peut débuter dès le vendredi de Dolores, veillée dédiée au chagrin de la Vierge Marie. Monde rural ou grandes villes, cette semaine fait alterner silence recueilli, ferveur populaire et gestes séculaires. Les dates fluctuent au gré de la lune printanière, et les festivités s’échelonnent entre mars et avril.
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La signification et la portée de la Semaine Sainte
Huit jours dédiés aux dernières heures de Jésus, du dimanche des Rameaux au dimanche pascal, reliés au temps du Carême. Les quarante jours précédents, les fidèles vivent en mémoire de l’épreuve du désert. Mais c’est durant la Semaine Sainte que tout converge. Le Triduum pascal, Jeudi saint, Vendredi saint, Samedi saint, cristallise la Passion, la mise à mort et la renaissance selon le message chrétien.
Pâques : recueillement et engagement
Venir à la Semaine Sainte, c’est accepter un temps de retrait et de réflexion, renouer avec l’idée de sacrifice consenti. Les célébrations et processions rappellent le cheminement du Christ ; la foi s’incarne dans les actes, le jeûne et l’abstinence, notamment le Vendredi saint, où la viande disparaît des tables de bien des familles.
Retour aux origines historiques
Les premières traces de célébrations autour de la Passion remontent à l’Antiquité chrétienne, du Proche-Orient au bassin méditerranéen. Dès le IVe siècle, l’Egypte, la Palestine, l’Anatolie et l’Arménie font mémoire de ces jours, puis l’ensemble du continent européen. Au fil des siècles, fixer la date de Pâques devient un casse-tête. Certains groupes suivent leur propre règle. Au début du IVe siècle, le Concile d’Arles tente d’uniformiser la date, sans succès immédiat.
En 325, le Concile de Nicée établit trois principes pour harmoniser le calendrier des festivités religieuses :
- Le dimanche de Pâques tombe toujours un dimanche.
- Il ne doit pas venir en même temps que la Pâque juive.
- On ne fête Pâques qu’une fois par an.
Des désaccords persistent entre Rome et Alexandrie, chacun a son mode de calcul, mais la méthode alexandrine prend finalement le dessus. Ce n’est qu’en 525, sous l’égide de Dionysos l’Exigu, qu’un calcul unique s’impose à la chrétienté.
Comment se déroule la Semaine Sainte ?
Les célébrations suivent le rythme du calendrier lunaire, reflet du récit biblique : le dimanche de Pâques s’aligne sur la première pleine lune après l’équinoxe du printemps, ce qui situe toujours la Semaine Sainte entre le 22 mars et le 25 avril.
Dimanche des Rameaux : Jésus arrive à Jérusalem
Ce dimanche, la liturgie fait mémoire de l’entrée solennelle de Jésus : acclamé, la foule l’accueille par des branches brandies à bout de bras. Ce même peuple, quelques jours plus tard, réclamera son supplice.
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Les jours saints du début de la semaine
Le lundi, le mardi et le mercredi de cette semaine ne se limitent pas à une attente silencieuse, ils racontent chacun une page particulière dans l’histoire des Évangiles.
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Zoom sur ces journées
Lundi Saint
Ce jour, l’on se souvient du geste de Marie de Béthanie, versant du parfum sur les pieds de Jésus chez Lazare, selon l’Évangile.
Mardi Saint
Jésus annonce la trahison de l’un des siens. Les paroles adressées à Pierre avertissent d’un reniement prochain ; la tension monte au fil de la semaine.
Mercredi Saint
Ce mercredi marque le choix de Judas Iscariote, déjà prêt à livrer Jésus aux chefs religieux, ouvrant la dernière ligne droite vers la Passion.
Le Triduum pascal : du dernier repas à la résurrection
La fin de la Semaine Sainte se concentre sur trois jours, pilier du calendrier liturgique : Jeudi saint, Vendredi saint, Samedi saint. On y concentre les grands mystères et les gestes fondateurs.
Jeudi Saint : la dernière Cène
Les Chrétien·ne·s commémorent le dernier repas du Christ, lors duquel sont institués l’Eucharistie et le sacerdoce. Le lavement des pieds, geste de service, s’invite dans bien des églises ce jour-là. Certains fidèles maintiennent la tradition de visiter sept églises en remerciement.
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Vendredi saint : le poids de la Passion
De la Passion à la mort sur la Croix, cette journée s’impose comme la plus grave. Silences, jeûnes, abstinences, lectures du chemin de croix jalonnent ce vendredi où le Christ est conduit au supplice.
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Samedi Saint : l’attente
Le Samedi saint s’étire dans la retenue. La veillée pascale rassemble la communauté autour de la lumière, des bénédictions, et prépare la célébration de la résurrection annoncée.
Dimanche de la Résurrection
C’est le cœur de la foi chrétienne : Jésus, trois jours après sa mort, échappe au tombeau et revient à la vie sous le regard des siens.
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Venezuela : Semaine Sainte, un patrimoine vivant
Là-bas, la tradition s’affiche sans réserve depuis l’époque coloniale. Au fil des décennies, des rituels précis, pour la plupart hérités de l’Espagne, se sont enracinés. À Caracas, la semaine s’ouvre par la montée des palmeros de Chacao sur l’Avila, destinés à la bénédiction des rameaux lors de la messe dominicale. Messes et processions rythment les jours saints.
Le mercredi, un moment particulier mobilise la capitale : la procession du Nazaréen de San Pablo. Dès le XVIe siècle, des fidèles en habits violets promènent une statue réputée miraculeuse, au centre de l’église Santa Teresa. Selon la croyance locale, elle aurait épargné la ville lors d’une épidémie de variole.
Le Vendredi, un parcours singulier invite les habitants à traverser sept églises majeures, la cathédrale, le Cœur de Jésus, Las Mercedes, San Francisco, Altagracia, la Sainte Chapelle et Sainte Thérèse, en mémoire des stations du Christ. Le Samedi, la bénédiction de la bougie pascale et de l’eau aimante les paroissiens. Et le dimanche, la fête retrouve l’incendie de Judas : une effigie, souvent inspirée d’une figure controversée, brûle publiquement pour signifier la rupture avec le mal.
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Messe, couleur et dévotion
Le peuple se rassemble, mesure la semaine à la couleur violette. L’Eucharistie ouvre la journée, la procession de la croix la prolonge, geste d’espoir renouvelé, génération après génération.
Les sept temples
Le parcours n’est jamais le fruit du hasard. Chaque église visitée retrace symboliquement une étape de la Passion, de l’angoisse au Jardin des Oliviers à l’abandon final.
Le chemin de croix
Dans les rues ou à l’église, la Via Crucis prend vie. Chacun rejoue, station après station, la montée au Golgotha, un rite très suivi dans tout le pays.
L’incendie de Judas
Au cœur des quartiers, une marionnette faite de tissus usés finit par s’embraser, sur fond de cris et de rires. Un moment où la communauté expulse, symboliquement, les trahisons de l’année passée.
À table : spécialités et coutumes alimentaires
Les traditions culinaires s’adaptent à l’abstinence de viande rouge. On cuisine du poisson séché, du chigüire pour les amateurs, accompagné de manioc. En dessert, riz au lait de coco ou pudding, souvenirs doux pour petits et grands.
Regards croisés sur Pâques ailleurs
Les manières de vivre la Semaine Sainte forment un kaléidoscope. En Espagne, la foule accompagne en silence ou en musique des processions aux statues monumentales, portées à bras d’homme à travers les villes. En Allemagne, l’imaginaire du lapin s’impose : il apporte les œufs colorés, symbole de renaissance, tandis que des feux de joie signalent le changement de saison. Les familles rivalisent d’imagination pour décorer des arbres avec ces œufs peints, qui apparaissent aussi sur les fontaines le jour pascal. Outre-Atlantique, aux États-Unis, tout se concentre sur le week-end de Pâques : pique-niques, chasses aux œufs dans la verdure, cortèges bariolés qui investissent les avenues de New York, ou mises en scène de la Passion dans les églises californiennes.
Chaque territoire tisse ses rites, donne un accent propre à la mémoire de la Passion et de la Résurrection. Mais qu’importe le nombre de processions ou la couleur des œufs : partout, la transmission s’opère. Aujourd’hui encore, il suffit d’un rameau, d’une flamme ou d’une poupée vêtue de haillons pour relier passé et présent. Demain, une nouvelle coutume prendra peut-être racine dans le grand livre vivant de la Semaine Sainte.

