Un enfant d’un an n’a pas besoin de longs discours, mais il capte tout. Gronder, c’est possible, mais pas n’importe comment.
Comment gronder efficacement les garçons et les filles ?
Réprimander, c’est accompagner l’apprentissage. L’objectif n’est pas de briser, mais de guider. Quand un tout-petit tente, recommence, provoque, il explore avant tout. À nous de baliser la route, sans violence, sans éclats, sans chercher à gagner un bras de fer.
Les plus jeunes avancent par essai-erreur. Ils expérimentent, observent ce qui suit, s’ajustent. Notre rôle, c’est d’éclairer ce chemin, de leur apprendre à distinguer ce qui leur est bénéfique, ce qui ne l’est pas. Gronder n’est jamais gratuit. On le fait pour que l’enfant comprenne, pas pour se défouler. On évite de se laisser emporter, on garde en tête que la confiance, elle, ne se rattrape pas à coups de cris.
Il ne s’agit pas de culpabiliser d’avoir posé des limites. Les repères, même contestés, sont une boussole. L’enfant a besoin de savoir ce qui est attendu de lui, ce qui ne l’est pas, et surtout pourquoi. On veut qu’il comprenne le sens derrière la consigne, pas seulement qu’il obéisse par réflexe.
Si l’on cherche à obtenir d’une réprimande, voilà ce que l’on vise :
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Faire évoluer un comportement grâce à la compréhension, pas sous la contrainte ni la peur.
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Permettre à l’enfant d’écouter et d’accueillir la parole d’un adulte.
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Lui donner l’occasion d’exprimer ses émotions, même les plus désagréables.
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Ouvrir un espace de dialogue, pour que la parole circule dans les deux sens.
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Encourager des attitudes plus adaptées, petit à petit.
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Accompagner sa croissance, son autonomie, sa prise de conscience.
Pour que la réprimande ait un véritable impact dans l’éducation, certains critères font la différence :
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Elle doit venir d’une posture adulte, bienveillante et ferme. L’enfant sent si le geste est guidé par la compréhension ou par l’agacement. On pointe le geste, pas la personne, on montre ce qui ne va pas sans tout condamner.
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L’objectif n’est jamais d’humilier ou de blesser. On reste factuel, on nomme ce qui pose problème et on explique pourquoi, sans hausser le ton, sans menacer, sans recourir à la punition physique ou psychologique.
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La cohérence prime. On ne sanctionne pas aujourd’hui ce qu’on laisse passer demain. L’enfant a besoin de repères stables. Éviter les excès, ne pas dramatiser chaque écart, mais réagir quand c’est vraiment nécessaire.
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La réprimande n’a de sens que si elle s’inscrit dans une intention claire : faire progresser, pas gagner une bataille d’adulte.
10 astuces pour gronder efficacement et prendre soin du bien-être du petit
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Intervenir au moment où l’enfant agit. Si la réaction tarde, le lien avec le comportement se brouille. Pour qu’il comprenne, il faut que la parole suive l’acte de près.
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Garder son calme, éviter les éclats de voix. Crier est une agression, même involontaire. Parler posément, c’est déjà montrer l’exemple.
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Prendre en compte l’état émotionnel de l’enfant. Reconnaître ce qu’il ressent : « Je vois que tu es fâché », « Tu n’as pas aimé ça ». L’enfant se sent vu, écouté, le lien s’installe.
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Exprimer ses propres émotions sans manipuler. Il est possible de dire : « Je suis contrarié quand tu fais ça ». Mais on évite de faire peser la culpabilité : « Je ne t’aimerai plus si… », « Tu me rends triste… », ces phrases blessent plus qu’elles n’éduquent.
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Refuser d’installer la peur. On veut que l’enfant comprenne, pas qu’il obéisse sous la menace. S’il agit pour éviter la sanction, il n’apprend rien de durable.
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Viser l’action, jamais l’identité. On critique le geste, pas l’enfant. On bannit les « Tu es méchant », « Tu n’y arrives jamais ». On préfère : « Ce geste gêne les autres, il faut s’arrêter ».
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Éviter les comparaisons. Chaque enfant avance à son rythme. Mettre en compétition, c’est l’enfermer dans une case. Rien de tel pour bloquer un progrès.
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Privilégier l’explication. « Parce que je l’ai décidé », ce n’est pas un argument audible. On prend le temps d’expliquer, même à un tout-petit.
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Employer la réprimande avec discernement. Elle doit pointer un comportement précis, jamais servir de soupape quand on est soi-même à bout. Sinon, l’enfant n’y comprend plus rien.
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Être constant. Si une règle s’applique, elle doit valoir à chaque fois. Les demi-mesures brouillent les repères, l’enfant ne sait plus à quoi s’attendre.
Celia Rodríguez Ruiz (psychologue et pédagogue)
Voici quelques lectures pour aller plus loin :
- Ce qui est le concept de soi.
- Morale du petit berger menteur.
- La légende raconte la naissance du soleil et de la lune.
- Activités linguistiques pour la troisième année.
- Exemples de fabulas pour enfants
- Exemple de raisonnement logicomathématique.

