En 2019, l’Organisation mondiale de la santé a classé l’usage problématique des technologies numériques parmi les enjeux sanitaires émergents. Selon une étude menée par Statista, près de la moitié des adolescents européens déclarent éprouver de l’anxiété à l’idée de rester sans téléphone portable plus d’une heure.
La nomophobie, contraction de “no mobile phone phobia”, progresse dans toutes les tranches d’âge, dépassant désormais les frontières classiques des dépendances comportementales. Les conséquences touchent aussi bien la santé mentale que la qualité des relations sociales et du sommeil, amplifiant une préoccupation grandissante dans les milieux éducatifs et médicaux.
La nomophobie, un mal moderne qui gagne du terrain
La nomophobie s’est imposée comme le visage le plus visible de l’addiction au téléphone portable. Ce mot, né pour désigner la peur panique d’être privé de son smartphone, a envahi le vocabulaire courant, sans distinction d’âge ni de milieu. Les chiffres de l’ANSES et de l’INSERM révèlent un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur : la dépendance aux écrans ne concerne plus seulement une poignée d’adolescents, elle irrigue toutes les générations et mobilise désormais les institutions de santé publique.
On reconnaît l’usage excessif du téléphone à cette manie de consulter l’appareil à tout bout de champ, souvent sans même s’en rendre compte. Les notifications, les réseaux sociaux, les applications de messagerie s’enchaînent, et le smartphone s’impose comme une extension de la main. Cette omniprésence ne tarde pas à provoquer des réactions bien précises : nervosité à l’idée d’une séparation, incapacité à se fixer sur une tâche sans jeter un œil à l’écran, ou encore sentiment de ne plus maîtriser le temps passé connecté. Ce constat a poussé les autorités françaises à prendre le sujet à bras-le-corps, avec des recommandations formelles et des campagnes de prévention qui s’adressent à tous.
Voici quelques signaux qui trahissent la montée en puissance de la dépendance :
- Isolement social qui s’installe, réduisant peu à peu la place des interactions réelles.
- Troubles anxieux dès que le téléphone disparaît ou se décharge.
- Conséquences sur la scolarité ou le travail : attention dispersée, performances en baisse.
Face à cette tendance, Emmanuel Macron a confié à une commission d’experts le soin d’encadrer l’usage du portable dès l’école et de sensibiliser parents, enseignants et élèves. La France, souvent en pointe sur la question, multiplie les expérimentations pour freiner cette addiction grandissante, qui ne se cantonne plus à la jeunesse mais touche tous les âges.
Quels sont les signes d’une addiction au téléphone à ne pas négliger ?
L’addiction au téléphone ne se limite pas à passer trop de temps devant l’écran. La vraie bascule se produit lorsque la perte de contrôle s’installe : on continue d’utiliser le smartphone alors qu’on sait pertinemment que cela nuit à sa vie privée, à son travail ou à ses études.
Le phubbing, cette tendance à ignorer ceux qui nous entourent pour rester rivé à son écran, s’invite dans les relations. Les proches remarquent que le dialogue s’appauvrit, les moments partagés se raréfient. L’isolement social s’enracine : adolescents, adultes, enfants, personne n’est vraiment à l’abri.
Un autre signe manifeste : l’anxiété de séparation. Le simple fait de ne pas avoir son téléphone à portée de main provoque nervosité, frustration, parfois même agitation. Puis il y a les troubles du sommeil, qui s’installent vite : la lumière bleue retarde l’endormissement, les nuits deviennent hachées.
Voici ce que l’on observe fréquemment chez les personnes concernées :
- Consultation du téléphone de façon répétée, même en l’absence de notification
- Sentiment de vide ou d’agacement dès que l’accès à l’appareil est impossible
- Résultats scolaires ou professionnels en baisse
Chez les plus jeunes, la fragilité s’accentue, et le risque de troubles anxieux ou de dépression augmente. Ces signes répétés doivent alerter familles et soignants, qui jouent un rôle de premier plan pour repérer et accompagner ces situations.
Pourquoi l’addiction au smartphone peut-elle impacter la santé et le quotidien ?
L’addiction au téléphone, insidieuse, transforme peu à peu les habitudes. L’hyperconnexion, alimentée par les réseaux sociaux, le streaming ou les jeux, bouleverse le rythme de vie, fragilise les repères. Les enquêtes de l’ANSES et de l’INSERM révèlent une progression nette des troubles du sommeil : difficultés à s’endormir, nuits agitées, fatigue qui s’accumule. Les notifications, sans cesse relancées, activent le circuit de la récompense dans le cerveau et alimentent l’envie irrépressible de vérifier son écran, ce qui favorise nervosité et insomnies.
Les répercussions dépassent le mental. Douleurs cervicales, gêne oculaire, maux de tête deviennent le quotidien de nombreux utilisateurs. L’isolement social se renforce, amplifié par le « phubbing », et les difficultés scolaires ou professionnelles s’installent, particulièrement chez les plus jeunes. Les adolescents, soumis à la pression du « fear of missing out », développent une anxiété tenace, parfois même des signes dépressifs.
La cyberdépendance s’ancre aussi dans une logique de fuite, le téléphone faisant office d’abri face aux difficultés. Les échanges virtuels prennent le pas sur les relations réelles, ce qui creuse la solitude et entame la confiance en soi.
Les conséquences les plus fréquentes sont les suivantes :
- troubles anxieux ou état dépressif
- désorganisation de la vie de famille
- manque de concentration et baisse d’efficacité
Le développement du télétravail, en accroissant la connexion continue, brouille encore davantage la frontière entre sphère personnelle et professionnelle, ce qui accentue le risque d’hyperconnexion.
Des conseils concrets pour reprendre le contrôle sur l’usage du téléphone
Rompre avec la dépendance aux écrans commence souvent par de petits gestes, simples mais efficaces. La désactivation des notifications est un premier pas : moins d’interruptions, plus de tranquillité d’esprit. Définir des moments sans smartphone, au réveil, pendant les repas, en soirée, redonne de la consistance à la vie quotidienne.
Certains choisissent aussi de s’équiper d’appareils sans distractions, comme la gamme Freewrite (Smart Typewriter, Traveler, Alpha, Valentine, Hemingwrite). Ces outils, conçus pour écrire sans tentation numérique, séduisent étudiants et professionnels en quête de concentration. Ce choix radical permet de retrouver le plaisir d’une activité sans interruption ni sollicitation extérieure.
Lorsque la cyberdépendance s’est installée, l’accompagnement d’un spécialiste fait toute la différence. Psychiatres et addictologues peuvent proposer des approches validées comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ou la thérapie interpersonnelle (TIP). Ces méthodes aident à modifier les automatismes, restaurer la maîtrise de soi et traiter les troubles associés, qu’il s’agisse de l’anxiété, de la dépression ou du sommeil perturbé.
Pour agir efficacement, voici quelques pistes à mettre en place :
- Posez des règles claires sur l’usage du portable à la maison, en particulier pour les enfants et les ados.
- Profitez des dispositifs éducatifs sur l’usage raisonné des écrans, proposés par le ministère de l’Éducation.
- Participez à des ateliers de sensibilisation en entreprise pour prévenir la cyberdépendance.
La France a pris le sujet à bras-le-corps : depuis 2025, les téléphones sont bannis à l’école et au lycée, et les écrans sont proscrits dans les structures d’accueil pour jeunes. Ces mesures collectives, pionnières, soutiennent une transformation profonde des habitudes numériques.
Reprendre la main sur son téléphone, c’est parfois rouvrir la porte à des discussions qui comptent, à des nuits plus sereines ou à la redécouverte d’un quotidien moins fragmenté. Une invitation à réapprendre l’absence, pour mieux savourer la présence.


